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Circuits courts : livrer ses clients ou externaliser les livraisons ?

 

Fournir des produits locaux aux établissements de restauration collective ouvre des débouchés commerciaux aux producteurs. Mais les livraisons, chronophages, constituent un point noir en termes de rentabilité économique. Des solutions existent comme la sous-traitance.

 

 

 

Vendre ses produits à la ferme ou sur les marchés de plein vent, voilà les circuits classiques de vente pour les producteurs. Depuis quelques années maintenant, les établissements de restauration collective ont plus facilement accès aux produits fermiers, ce qui a créé de nouveaux flux commerciaux, en particulier avec la restauration scolaire des collèges de Picardie.

 

 

 

L’orientation prise en Picardie est de favoriser les livraisons de proximité. Un producteur livre en général dans un rayon de 20 km, beaucoup plus s’il consacre une journée de la semaine à ses tournées. La livraison en direct, par le producteur, présente l’avantage de rencontrer son client et d’entretenir ainsi le lien commercial, d’évaluer sa satisfaction, éventuellement d’ajuster les volumes et conditionnements produits. L’inconvénient est la fréquence des livraisons de produits frais.

 

 

 

Se regrouper pour livrer ?
L’idée de se regrouper pour livrer à tour de rôle est intéressante...mais ne respecte pas la réglementation : en effet, la marchandise est sous la responsabilité du conducteur et dans ce cas, il y a obligation de détenir la capacité de transport. Elle s’obtient après une formation de 2 semaines dans un centre de formation agréé et coûte entre 700 et 900 €.

 

 

 

Réduire le nombre de livraisons ?
Il est difficile pour les produits frais de regrouper les livraisons. Les légumes, les produits laitiers et la viande se commandent pour la semaine. Autre facteur limitant, les cuisines ne sont pas forcément équipées d’une grande capacité de stockage.

 

 

 

Externaliser ses livraisons ?
Le coût de transport, s’il est analysé en détail, est élevé. Bien souvent, il n’est pas calculé par le producteur car « il faut bien livrer ». Afin de proposer des alternatives, la Chambre d’Agriculture de l’Oise a sollicité au printemps 2014 des sociétés de transport. Une rencontre a eu lieu en présence d’un transporteur et d’une dizaine de producteurs de l’Oise. Les simulations réalisées sont éloquentes : dans tous les cas, économiquement parlant, il est plus rentable d’externaliser les livraisons.

 

 

 

Témoignage de Maryse Godard de Warluis :
« Avant de confier mes liaisons à une société de transport, je livrais juste quelques collèges autour de Beauvais. Aujourd’hui, l’avantage c’est que  je peux livrer partout dans le département. C’est  un sacré levier pour le développement de mon activité. Et sur le plan économique, c’est plus rentable. En livrant moi-même Compiègne, non seulement  je passais beaucoup de temps mais en plus je perdais de l’argent ! »

 

 

 

Se poser et prendre le temps de calculer ses charges est indispensable. Chaque poste doit être analysé afin de vérifier la rentabilité de son activité et de remettre à plat son organisation si nécessaire. Une réflexion par chaque producteur est recommandée sur la question du coût de la logistique, en gardant à l’esprit l’intérêt économique. Externaliser ses livraisons s’avère très souvent rentable ! En parallèle, il faut garder le lien avec le client, via des appels téléphoniques ou en l’invitant à visiter la ferme.
Pour vous accompagner, les Points Infos diversification de Picardie sont à votre écoute. Contactez-les !

 

 

 

Auteur : Laurence Margerin - Chambre d’Agriculture de l’Oise

 

 

 

Vos contacts :
Chambre d’agriculture de l’Aisne : Viviane Demortier : 03 23 22 50 97
Chambre d’Agriculture de l’Oise : Laurence Margerin : 03 44 11 44 66
Chambre d’Agriculture de la Somme : Anne Catteau : 03 22 33 69 83

Projet financé par le CASDAR, le Conseil Régional de Picardie, les Conseils généraux de l’Aisne et de la Somme.

 

 


Livraisons : respectez la règlementation

  • Véhicule : avec ou sans froid, le véhicule servant au transport de denrées alimentaires doit être propre et en bon état d’entretien. Le revêtement intérieur doit être facilement nettoyé et/ou  désinfecté, donc imperméable. Il doit être résistant à la corrosion et dépourvu d’aspérités. Les produits, qu’ils soient bruts, conditionnés et/ou emballés ne doivent pas être posés à même le sol (transport ou stockage).
  • Un bon de livraison doit accompagner tout transport de denrées lorsqu’elles sont destinées à des professionnels.
  • Vous pouvez transporter vos légumes frais et vos produits laitiers en même temps, mais avec des conditionnements hermétiques et des séparations, ou à des moments séparés mais avec un plan de nettoyage/désinfection efficace entre les chargements.
  • Produits conventionnels et produits biologiques peuvent être transportés ensemble si bien séparés physiquement et identifiables sans ambiguïté. En revanche, le transport de produits certifiés agriculture biologique nécessite que le transporteur soit lui-même certifié.Accord sur le transport des denrées périssables (ATP) : dans un rayon de 80 km sans rupture de charge, c'est-à-dire sans ouverture du contenant, le véhicule n’a pas besoin d’être attesté ATP (attestation de conformité technique). En revanche, il y a toujours obligation de résultats : il est indispensable de maintenir la température et l’hygiène du transport.
  • Les petits conteneurs ou glacières sont autorisés, notamment avec une source de froid telle que la glace carbonique ou des plaques eutectiques (sauf pour les viandes hachées).
  • Au-delà de 80 km, l’attestation Officielle de Conformité est obligatoire pour un transport réfrigérant, frigorifique ou isotherme. Elle est valable 6 ans.