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Biodiversité en pratique: Les vers de terre, sous nos pieds, des architectes hors normes !

Saviez-vous que les vers de terre représentent la première biomasse animale terrestre ? Avec 1 tonne de lombrics / hectare en moyenne en culture céréalière, et près de 4 fois plus en milieu prairial, les lombrics sont de véritables sentinelles des champs aux rôles multiples !

Sur la centaine d’espèces existant en France (près de 3600 dans le monde), on distingue 3 types de vers de terre :

  • les épigés (1) qui vivent en surface et se nourrissent directement de matière organique et de végétaux en décomposition
  • les endogés (3) qui creusent de profondes galeries et se nourrissent de terre mélangée à la matière organique
  • les anéciques (2) qui cherchent leur nourriture à la surface du sol puis la distribuent en profondeur grâce aux galeries verticales qu'ils creusent 

L’importance du « lombrimixage »
Les vers de terre sont de véritables laboureurs munis d’insatiables et d’inépuisables tubes digestifs. La litière végétale en décomposition est malaxée puis rejetée sous forme de boulettes fécales (également appelées « turricules ») à la surface du sol ou bien en profondeur dans les galeries. Pour donner une idée, « 3 tonnes de lombrics à l’hectare, ça vous remue environ 280 tonnes de terre » (propos tenu par le Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, le 20/11/2014, lors de la conférence Environnement). Cet habile architecte en creusant des galeries jusqu’à 2 mètres de profondeur, aère le sol, ce qui le rend perméable à l’eau de pluie, facilite la croissance des végétaux, des racines et limite l’érosion du sol, tandis que ses excréments riches en phosphore, zinc, calcium et magnésium, sont de puissants fertilisants.

Le ver de terre en voie de disparition ?

Ces habitants pas comme les autres sont d’une aide précieuse pour les agriculteurs. Or, les lombrics disparaissent peu à peu des sols français ! En cause : l’agriculture intensive combinée à un labour profond et l’arrivée d’un visiteur Néo-Zélandais, un plathelminthe invasif terrestre (ver aplati de couleur vert olive raffolant des escargots et surtout des lombrics !). Ainsi, pour limiter la perte des populations de nos vers de terre et leurs actions bénéfiques associées dans les champs, voici quelques pistes de réflexion:

  • utiliser de manière raisonnée certaines matières actives lors de traitements phytosanitaires (notamment pour les insecticides, nématicides),
  • favoriser le chaulage et le semi direct,
  • implanter un couvert végétal d’interculture,
  • ajuster les amendements organiques (fumier, compost),
  • limiter les labours continus et le compactage des sols.

Désormais, ouvrez l’œil et prenez soin de vos lombrics en adhérant à l’Observatoire Agricole pour le Biodiversité (OAB) !

Auteur et contact : Cécile Augrain - Chambre Régionale d'Agriculture des Hauts-de-France

Pour plus d’informations :
www.gestionsdeterritoire.fr

ecobiosoil.univ-rennes1.fr
bit.ly/Plathelminthe
observatoire-agricole-biodiversite.fr