Vous êtes ici : Accueil > Publications

La publication en détail

Imprimer la page

Biodiversité en pratique: L’entretien des arbres agroforestiers

 

Produire du bois d’œuvre de qualité exige un suivi rigoureux et régulier des arbres de manière à obtenir une grume droite et sans nœud sur environ 4 à 5m de hauteur. Or, implantés sur des terres agricoles, les arbres agroforestiers sont privés d’accompagnement et développent donc naturellement des basses branches. Pour y remédier, il convient d’intervenir régulièrement en taille de formation et en élagage. Attention, ces deux opérations ne doivent  pas être confondues sous peine de se retrouver face à une impasse technique.

 

 

 

La « taille de formation » aura lieu dès les premières années de la vie de l’arbre. L’objectif est alors de former un axe vertical, future grume…tout en maintenant un houppier (feuillage) suffisant. Concrètement, il faut supprimer les branches verticales ou obliques qui concurrencent la pousse terminale et maintenir les branches horizontales qui jouent à plein leur rôle de production de biomasse. Cette opération exige une analyse du houppier afin d’éliminer les branches les plus grosses ou qui risquent de le devenir.  C’est donc souvent en partie supérieure du houppier qu’il faut intervenir. Il convient aussi d’être progressif : pour former une bille de 4 ou 5m, il faut prévoir 2 à 3 passages en taille de formation. Attention, une intervention trop vigoureuse peut provoquer une réaction des arbres (cf développement de gourmands). Généralement, on prévoit une intervention tous les 2 ans, mais il ne faut hésiter à intervenir plus souvent en cas de croissance vigoureuse des arbres.

 

 

 

La seconde opération, appelée élagage, vise à produire du bois sans « nœud ». Elle intervient généralement lorsque l’arbre atteint 10cm de diamètre, mais compte tenu de la spécificité des arbres agroforestiers qui poussent en croissance libre, les opérations d’élagage seront probablement anticipées de manière à supprimer les branches avant qu’elles ne deviennent trop  grosses. L’idéal étant que les branches soient coupées avant qu’elles ne fassent 4-5 cm de diamètre sous peine d’avoir de grosses blessures difficile à cicatriser. L’élagage vise à éliminer systématiquement toutes les branches basses qui avaient été maintenues lors des différents passages en taille de formation. Cette démarche sera progressive (passage tous les 2 ans, voire tous les ans) et consistera à couper les branches du bas vers le haut tout en  maintenant un volume foliaire suffisant. Ce dernier doit représenter entre 50% et 2/3 de la hauteur totale de l’arbre.

 

 



Réussir une plantation nécessite un suivi régulier
. Omettre ces opérations peut anéantir l’investissement initial de la plantation, les grumes n’étant pas susceptibles de trouver preneur sur le marché du bois d’œuvre.

Auteur et contact: Marie Pillon – Chambre d’Agriculture de l’Oise - 03.44.36.00.22
 
Pour plus d’informations : www.gestionsdeterritoire.fr