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Biodiversité en pratique: l'agroforesterie, quelles influences sur les adventices?

La chambre d’Agriculture Hauts-de-France est partenaire du projet AGFORWARD qui vise à promouvoir les pratiques agroforestières en Europe. Dans ce cadre la, elle suit un réseau de parcelles agroforestières et étudie notamment l’influence des aménagements agroforestiers sur le salissement des parcelles par les adventices.

L’année passée, des suivis terrains avaient été réalisés et les premiers résultats ont révélés que:

  • les espèces semées sous les arbres ne se dispersent pas dans l’interligne,
  • certaines espèces seraient présentes dans l’interligne seulement et donc ne proviendraient pas de la ligne sous arborée,
  • d’autres espèces se propageraient dans les deux milieux.

Il semblerait donc qu’une bande herbacée bien entretenue ne soit pas un réservoir d’adventices. Il à été également démontré que la répartition des adventices en conduite conventionnelle était similaire une répartition classique en présence d’un écotone herbacé. Le salissement est donc visible en bordure de parcelle mais qu’il n’y a pas d’abondance notable donc pas d’effet distance sur le reste de l’interligne. En conduite biologique, le salissement est plus important, mais mieux toléré, et homogène dans l’ensemble de l’interligne.
A dire d’agroforestier en conduite biologique, le salissement ne semble pas plus important que dans une parcelle agricole biologique classique.

Cette année la Chambre d’agriculture Hauts-de-France a tenu à mettre en relation pratiques agricoles et gestion des adventices. Pour tenter de relever ce défi, 7 agroforestiers en grandes cultures ont participés à une enquête qualitative.

Il apparait que la propagation des adventices, généralement chardon, rumex et parfois laiteron, gaillet, plus rarement folle avoine et sanve, se stabilise au bout de 5 à 6 ans en moyenne. En agriculture biologique, le recours aux herbicides étant proscrit il est difficile de détruire les adventices, ce qui n’est pas le cas en conduite conventionnelle. L’effet négatif de l’implantation postérieure de la bande enherbée par rapport à la plantation des arbres est identifié en culture biologique seulement.
Le type de gestion (fauche, broyage ou non intervention) ou la technique de semis n’a pas d’incidence sur l’évolution des adventices.

Que faire en cas d’infestation par les vivaces?

De manière préventive, limiter la progression des vivaces:

  • espèces à départ précoce au printemps à favoriser (couverture du sol et compétition pour la lumière)
  • semis d’automne encouragé

De manière curative, épuiser les réserves racinaires en détruisant plusieurs fois les parties aériennes (par fauche ou travail du sol), à des périodes stratégiques du cycle de l’adventice est une autre piste.
Besoin de plus d’informations Fiches thématiques « biologique et moyens de gestion des adventices vivaces sans herbicide » projet Agri-Bio.

Auteur & crédit photo: Laurie Muller (stagiaire), Chambre d’agriculture Hauts-de-France
Contact: Régis Wartelle, Chambre d’agriculture Hauts-de-France

Légende photo : Lignes d’arbres en parcelle agroforestière / Crédits photos : CRA Hauts-de-France