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Biodiversité en pratique: Interview de Jean-Marc HORDE, agriculteur retraité dans la Somme à Domart-sur-la-Luce

Pourquoi implanter un système agroforestier et pourquoi sur cette parcelle ?

J’ai toujours été passionné par les arbres, j’ai planté mon 1er arbre à l’âge de 8 ans en revenant de l’école un marron à la main. C’est l’amour des arbres et leur intérêt écologique, environnemental et paysager qui m’ont motivé dans cette démarche. L’apparition des aides à l’implantation a été le déclic, je me suis donc lancé en 2008 avec l’aide du CRPF et de la Chambre régionale d’agriculture.

Je pratique le non-labour depuis des années déjà, donc pas d’ennui possible lors du travail du sol aux abords des arbres et pas de terre à fort potentiel « sacrifiée » sur cette parcelle argilo-calcaire. 98% du carbone qui constitue un arbre provient de l’atmosphère et est rendu à la terre par la dégradation des racines de l’arbre et par la chute du feuillage ; l’agroforesterie était donc une solution agro-écologique adaptée en réponse au besoin de remonter le taux de MO de cette parcelle de 10 hectares.

Quelles évolutions dans la parcelle agroforestière depuis son implantation ?

La fréquentation en gibier et en auxiliaires de culture a augmentée depuis l’implantation et mes relations avec les chasseurs aussi (sourire).

La Chambre d’agriculture des Hauts-de-France continue d’étudier l’évolution des populations d’auxiliaires/ravageurs et d’adventices pour mieux comprendre l’impact des éléments paysagers sur la culture. Il s’avère que l’agroforesterie est une source de biodiversité mais pas de salissement.

Si c’était à refaire ?

J’ai déjà un nouveau projet sur 50ha où j’implanterai les lignes d’arbres plus espacées les unes par rapport aux autres pour anticiper le passage des matériels agricoles qui évoluent et s’élargissent. Autre leçon à retenir, il faut bien choisir le couvert de la bande enherbée pour éviter la propagation de celui-ci dans le champ lors du battage. Evitez le raygrass par exemple…

Pour finir, je vais valoriser ma nouvelle implantation agroforestière grâce à la vente de bois de chauffe, j’aurai une nouvelle source de revenu sur la parcelle. Lors de ma première plantation, je devais respecter une densité maximale ne me permettant pas d’implanter des bourrages (arbres produisant du bois de chauffe), mais le cadre d’éligibilité a évolué en fonction des attentes des agroforestiers et permet de créer un système plus rentable tout en étant aidé.

 Question économie ?

Je n’ai pas entamé ce projet dans un but économique, mais entre les aides à l’implantation et le peu de dépenses que représentent la taille de formation et l’entretien des arbres, ma marge brute parcellaire ne diminue pas beaucoup et reste positive heureusement (rires).

Le cours du bois est très instable et sera déterminant quant à la rentabilité du système lors de la vente des arbres nobles.

Auteur & contact: Jérôme Cipel, Chambre d’Agriculture de la Somme

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