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Biodiversité en pratique: Intercultures, concilier agronomie et biodiversité

Les couverts d’interculture sont maintenant bien connus pour leur influence favorable sur la biodiversité, surtout lorsqu’ils sont constitués de mélange d‘espèces attractives.

La micro-faune et la micro-flore du sol sont protégées et enrichies grâce au retour de matière vivante au sol, et protégées des éléments (températures excessives, UV, lessivage des pluies) via la protection physique du couvert.

Les petits mammifères et les oiseaux sont aussi favorisés par le couvert qui les met à l’abri de leurs prédateurs et la présence d’insectes qui contribue à la nourriture hivernale.

De manière générale, l’interculture permet de maintenir un gîte pour de nombreuses espèces qui autrement seraient cantonnées aux zones non agricoles.

La destruction mécanique des intercultures doit se faire en évitant tout impact dépressif pour la culture suivante. Pour concilier cette exigence en favorisant la biodiversité on peut rappeler quelques pratiques simples :

  • De même que pour la fauche, toute destruction mécanique centrifuge (du centre vers les bords) permettra à la faune de fuir les parcelles.
  • Après un broyage du couvert, la matière fraiche doit dans l’idéal se décomposer sur le sol avant tout labour, ou être incorporé superficiellement. Ceci pour éviter toute accumulation importante de matière fraiche en fond de labour qui risque d’acidifier le sol et de gêner le développement racinaire par la suite.

Une alternative économique au broyage/labour est le roulage, dans les sols dont la structure le permet (sables ou limons légers). La destruction se fait idéalement après un gel prolongé avec un rouleau type cambridge, et ceci sur la plupart des couverts qui sont bien développés (hormis en général les graminées, les trèfles ou les radis qui peuvent parfois reprendre).

Le roulage accentue la sensibilité au gel des couverts, pour les espèces qui ne seraient pas déjà gelées aux températures du moment. Le rappuyage du couvert sur le sol va aussi permettre la décomposition du couvert pour ne pas gêner les futurs travaux. Cette technique permet de prolonger la présence du couvert en surface pour accentuer l’effet de protection physique, en attendant une éventuelle reprise superficielle au ressuyage des sols au printemps.

Auteur et contact: Régis Wartelle, Chambre d’Agriculture Hauts-de-France
Pour plus d’informations : www.gestionsdeterritoire.fr