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Biodiversité en pratique: Concilier agriculture performante et développement du petit gibier, c’est possible!

Les liens entre l’activité agricole et la présence de la faune sauvage dans les champs sont évidents.

La faune gibier a besoin de milieux diversifiés pour se nourrir et se reproduire. Mais l’uniformité des cultures gagne du terrain et les zones non cultivées se raréfient. Le petit gibier de plaine s'en trouve fragilisé. De plus, la période hivernale est bien souvent préjudiciable pour le petit gibier : manque de couvert et nourriture plus rare…

Pourtant, via des aménagements simples, il est possible de concilier préservation de la faune sauvage et agriculture performante.

  1. Les « jachères faune sauvage », c’est leur nom, sont généralement des parcelles de différents mélanges de semences d'espèces annuelles ou pluriannuelles. Les implantations ont lieu au printemps. La jachère est gérée et entretenue dans le respect d’un cahier des charges adapté aux contraintes agricoles et environnementales.
    Elles peuvent facilement s’implanter au sein des assolements ; bordures de bois, tournières, mauvaises terres… sont d’autant de possibilité pour valoriser ces espaces moins « rentables » d’un point de vue agronomique. Ces cultures dédiées à la faune sauvage vont permettre d’améliorer la survie et la reproduction des espèces, d’apporter couvert et nourriture en automne et hiver et d’augmenter la capacité d’accueil des territoires.
  2. L’interculture est également un bon compromis en automne à condition de diversifier les mélanges. Un couvert bas et aéré sera préféré car plus filtrant pour la petite faune sauvage. En effet, les champs trop denses en semis de moutarde peuvent desservir à la protection du gibier qui utilisera essentiellement les bordures mais rarement le cœur des parcelles.
  3. Les haies, sont un des dispositifs de lutte contre l’érosion. Bien positionnées sur le territoire, elles préserveront le capital du sol tout en permettant d’offrir le gite et le couvert à la faune sauvage.
    De plus, si elles peuvent être accompagnées d’une bande enherbée, c’est l’aménagement idéal pour préserver le petit gibier.
  4. Les bandes intercalaires permettent de séparer les blocs de cultures et offrir d’avantages d’effet lisière à la faune sauvage.
    Ces bandes d’une largeur comprise entre 6 et 24 mètres sont idéales pour fixer le petit gibier et leur assurer un couvert refuge. Principalement en maïs grain et récoltable dans les conditions normales de récolte de manière à rendre compatible préservation du gibier et agriculture moderne.
  5. L’adaptation des pratiques agricoles afin de limiter la mortalité accidentelle de la faune sauvage est tout aussi importante. Les barres d’effarouchement en sont un exemple, mais pas seulement, la limitation de la vitesse des machines et/ou du travail de nuit sont d’autant de mesures favorables à la préservation du petit gibier.
    Aussi, il ne faut pas hésiter également à solliciter les chasseurs locaux avant de faucher une prairie, afin qu’ils passent avec leurs chiens pour sauver le cas échéant  les nichées de faisans ou perdrix qui s’y retrouveraient.
  6. La lutte contre les corvidés est aussi une mesure favorable tant aux cultures qu’à la préservation de la faune sauvage. En  effet, on sous-estime parfois les dégâts de ces oiseaux  sur la petite faune locale, notamment durant la couvaison et l’élevage des jeunes.

Enfin pour conclure la gestion de l’ensemble des éléments fixes d’une exploitation, des surfaces en gel, des bords de champs sont primordiaux pour la préservation de la biodiversité.

En effet, toute intervention mécanique est à proscrire pour entretenir ces aménagements précités durant la période de reproduction de la faune sauvage, c’est-à-dire entre le 1er avril jusqu’au 31 juillet.

Auteurs et contacts:
Maryse Magniez, Chambre d’agriculture de la Somme
Anthony Danesin, Fédération des Chasseurs de la Somme

Photo: Culture, jachère, haie arbustive entretenue, agrainoir… La base pour concilier efficacement agriculture et biodiversité (crédits : FDC 80)