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Biodiversité en pratique: Biodiversité du sol et pratiques agricoles

  • La biodiversité du sol est un facteur de production

D’après des études menées par l’INRA de Dijon, des extraits de sol où l’on diminue artificiellement la microbiodiversité ont un potentiel de production impacté par rapport à un sol « normal », et ceci à masse constante de microorganismes. D’autre part, un sol à microbiodiversité supérieure a moins de chances de laisser passer des micro-organismes pathogènes : l’espace est occupé au sens propre.
Ceci montre bien l’intérêt de s’intéresser à conserver la biodiversité du sol de manière générale !

  • Une illustration de la biodiversité du sol

Sur 1 hectare de sol cultivé, on peut trouver en moyenne 2,5 tonnes de carbone bactérien, 3,5 tonnes de carbone fongique, 250 kg de protozoaires… Au total, cela représente l’équivalent de 6 à 10 UGB ! Du point de vue de la biodiversité, une richesse incroyable y est présente, bien plus qu’en surface ! Dans un gramme du sol, on peut ainsi trouver 1 million d’espèces de bactéries et 100 000 espèces de champignons. Cette diversité permet de remplir un ensemble de fonctions attendues par l’agriculteur ! Décomposition des résidus, fourniture d’éléments nutritifs assimilables par les cultures, régulation du pH, résistance aux pathogènes…

  • Des pratiques favorables ?

Dans nos systèmes de culture intensifs en production, il est essentiel de soigner son sol pour préserver le capital de production (même si ça ne doit pas être la seule optique !).
De ce point de vue, les techniques de labour alterné ou de travail superficiel permettent d’éviter de détruire directement les filaments des champignons du sol ainsi que les insectes auxiliaires et les vers de terre anéciques ou épigés. Les bactéries sont moins sensibles au travail du sol, ainsi que les vers de terre endogés qui restent en profondeur.

La quantité de biomasse produite et retournée au sol est fortement liée à l’activité biologique des sols. Les parcelles productives sont donc aussi potentiellement plus intéressantes d’une part, surtout lorsque la quantité de résidus qui revient au sol est importante aussi. La diversité d’assolement est aussi liée à une diversité d’espèces de microorganismes.

Attention cependant à maintenir un équilibre entre les apports de résidus et de produits organiques et la capacité du sol à les décomposer, pour ne pas engorger le système. Dans ce cas les champignons seraient trop favorisés.

Contact : Régis Wartelle  - Chambre d’agriculture Hauts-de-France